# Quelles villes découvrir au Vietnam ?

Le Vietnam fascine par sa diversité culturelle et ses contrastes saisissants. Entre tradition ancestrale et modernité assumée, ce pays d’Asie du Sud-Est offre une expérience de voyage unique à travers ses villes emblématiques. Du nord montagneux au delta méridional, chaque cité raconte une histoire différente, façonnée par des siècles d’influences chinoises, françaises et américaines. Les voyageurs découvrent des métropoles effervescentes où les scooters slaloment entre temples bouddhistes et gratte-ciel, des villes impériales préservant jalousement leur patrimoine architectural, et des ports historiques aux maisons colorées. Chaque destination révèle une facette distincte de l’identité vietnamienne, offrant des expériences aussi variées qu’inoubliables. Plonger dans l’atmosphère vibrante de ces centres urbains constitue la clé pour comprendre l’âme profonde du Vietnam contemporain.

Hanoï : capitale millénaire entre patrimoine colonial et quartiers historiques

Fondée en 1010 par le roi Ly Thai To, Hanoï incarne plus de mille ans d’histoire vietnamienne. Cette capitale administrative et culturelle s’étend dans le delta du fleuve Rouge, où elle concentre une densité exceptionnelle de monuments historiques, de musées et de sites religieux. La ville se caractérise par ses larges boulevards ombragés plantés durant la période coloniale française, ses lacs paisibles entourés de pagodes, et ses quartiers anciens où l’architecture traditionnelle côtoie les traces de la présence française. Hanoï représente le cœur politique et intellectuel du Vietnam depuis des siècles, exception faite de la période impériale durant laquelle Hue porta ce titre. Aujourd’hui, la capitale affiche fièrement son statut de deuxième ville la plus peuplée du pays, juste après Ho Chi Minh-Ville, tout en préservant une atmosphère plus tranquille et contemplative que sa rivale méridionale.

Le vieux quartier des 36 corporations et ses ruelles commerçantes authentiques

Le Vieux Quartier constitue l’épicentre historique et commercial d’Hanoï depuis plus de mille ans. Organisé selon un système de corporations artisanales, ce labyrinthe de 36 rues étroites tire son nom des métiers qui s’y pratiquaient traditionnellement : rue de la Soie, rue de l’Argent, rue du Papier, etc. Aujourd’hui encore, certaines artères conservent cette spécialisation commerciale, créant une expérience d’achat authentique où les échoppes débordent sur les trottoirs. Les maisons-tubes typiques, étroites en façade mais profondes, reflètent une adaptation ingénieuse aux anciennes taxes foncières calculées sur la largeur de la devanture. L’architecture mélange influences chinoises et françaises, avec des balcons ouvragés, des volets colorés et des toits en tuiles. Se perdre dans ces ruelles animées offre une immersion totale dans la vie quotidienne hanoïenne, entre vendeurs ambulants proposant des spécialités locales, artisans travaillant à même la rue, et habitants sirotant du café en observant le ballet incessant des scooters. Les restaurants de rue servent le célèbre pho, soupe nationale vietnamienne, sur de minuscules tabourets en plastique installés directement sur le trottoir. Cette authenticité préservée fait du Vieux Quartier l’un des espaces urbains les plus singuliers au monde, où la modernisation n’a pas effacé l’âme traditionnelle du Vietnam.

Le lac hoan kiem et le temple ngoc son au cœur de la citadelle

Au cœur d’H

anoï, le lac Hoan Kiem constitue un véritable poumon vert et un repère emblématique pour les habitants comme pour les voyageurs. Entouré d’une promenade ombragée, il offre un contraste saisissant avec l’agitation des rues voisines. Au petit matin, vous y verrez des habitants pratiquer le tai-chi, la marche ou la danse en groupe, tandis que le soir, familles et couples viennent s’y détendre. Au centre du lac se dresse la tour de la Tortue (Thap Rua), liée à la légende de l’épée magique rendue à une tortue sacrée, qui donne son nom au lieu : « lac de l’Épée restituée ».

Sur une petite île reliée à la rive par un élégant pont en bois laqué rouge se trouve le temple Ngoc Son. Dédié à des génies protecteurs, à des lettrés et à un héros national, Tran Hung Dao, ce sanctuaire mélange influences taoïstes, confucéennes et bouddhiques. Son portique orné de calligraphies, son pavillon de la Plume et ses statues traditionnelles en font un lieu de recueillement très apprécié. La visite du temple, combinée à une balade autour du lac Hoan Kiem, permet de saisir à quel point spiritualité et vie quotidienne sont étroitement imbriquées dans la capitale vietnamienne.

Le mausolée de ho chi minh et le quartier politique de ba dinh

À quelques kilomètres du centre historique, la vaste place de Ba Dinh symbolise le pouvoir politique du Vietnam moderne. C’est ici que le président Ho Chi Minh proclama l’indépendance du pays le 2 septembre 1945. Aujourd’hui, l’esplanade impeccablement entretenue est dominée par le mausolée de Ho Chi Minh, imposant bâtiment de marbre et de granit dans lequel repose le corps embaumé du « Père de la Nation ». La visite, très codifiée, requiert une tenue correcte et le respect strict des consignes de sécurité.

Autour de la place, le quartier de Ba Dinh concentre les principales institutions : Palais présidentiel, Assemblée nationale, siège du Parti communiste, ambassades étrangères. On peut aussi y découvrir la maison sur pilotis d’Ho Chi Minh, où le leader vécut simplement, loin du faste, ainsi que l’ancien palais du gouverneur d’Indochine, typiquement colonial. Pour compléter cette plongée dans l’histoire contemporaine du Vietnam, plusieurs voyageurs choisissent de visiter le musée d’Ho Chi Minh, voisin du mausolée, qui retrace le parcours du dirigeant à travers une scénographie très symbolique.

Le temple de la littérature van mieu et l’architecture confucéenne

Considéré comme la première université du pays, le Temple de la Littérature (Van Mieu – Quoc Tu Giam) est un joyau de l’architecture confucéenne au cœur d’Hanoï. Fondé au XIe siècle, il était destiné à la formation des mandarins, élite intellectuelle de l’empire. Le complexe se compose de plusieurs cours successives, de bassins, de pavillons et de jardins soigneusement entretenus, créant une atmosphère de sérénité propice à l’étude. Les stèles de pierre posées sur le dos de tortues, gravées du nom des lauréats aux concours impériaux, témoignent de l’importance accordée depuis des siècles au savoir et aux lettres.

L’architecture du temple illustre les principes confucéens d’harmonie et de hiérarchie, avec un axe central qui guide le visiteur vers les bâtiments les plus sacrés. Les toits recourbés couverts de tuiles, les décorations en bois laqué rouge et or, ainsi que les motifs de dragons et de phénix incarnent l’esthétique traditionnelle vietnamienne. Visiter Van Mieu, c’est un peu comme feuilleter un manuel d’histoire vivante : on y croise encore aujourd’hui des étudiants venant brûler de l’encens avant un examen important, perpétuant un rituel vieux de plusieurs siècles.

Ho chi Minh-Ville : mégapole dynamique du delta du mékong

Anciennement Saïgon, Ho Chi Minh-Ville est la plus grande agglomération du Vietnam et son cœur économique. Située à l’extrémité nord du delta du Mékong, la métropole compte plus de 9 millions d’habitants et ne cesse de s’étendre. Gratte-ciel de verre, centres commerciaux climatisés et cafés branchés côtoient marchés populaires, pagodes chinoises et bâtiments coloniaux. La ville incarne à elle seule la frénésie du Vietnam moderne, entre start-up technologiques et vendeurs ambulants. Pour le voyageur, c’est un terrain de jeu urbain fascinant, où l’on passe en quelques rues d’un quartier d’affaires ultramoderne à un marché traditionnel parfumé d’épices.

Le quartier colonial de district 1 et la cathédrale Notre-Dame de saïgon

Le District 1 concentre la plupart des sites emblématiques d’Ho Chi Minh-Ville et constitue la base idéale pour un premier séjour. Héritage direct de la période coloniale française, on y trouve de larges avenues ombragées, des bâtiments administratifs néoclassiques et des villas art déco. La cathédrale Notre-Dame de Saïgon, construite entre 1877 et 1880, se distingue par ses deux flèches de brique rouge importée de Marseille. Située face à la poste centrale dessinée par Gustave Eiffel, elle rappelle l’ambition de faire de Saïgon une « petite Paris de l’Extrême-Orient ».

À quelques pas, l’Opéra de Saïgon, l’Hôtel de Ville et l’ancien Hôtel Continental complètent ce paysage urbain très européen. Flâner dans ces rues au petit matin ou en soirée permet de mesurer le contraste entre l’architecture coloniale et les tours modernes qui se dressent à l’arrière-plan. Vous aimez l’histoire urbaine et l’architecture? Une balade guidée dans le District 1 vous offrira un fil conducteur précieux pour comprendre les différentes couches historiques de la ville.

Le marché ben thanh et les ruelles gastronomiques de bui vien

Symbole de la vie commerçante d’Ho Chi Minh-Ville, le marché Ben Thanh est un passage obligé pour qui souhaite sentir le pouls de la mégapole. Sous son vaste toit, des centaines d’échoppes vendent fruits tropicaux, épices, vêtements, objets artisanaux, souvenirs et spécialités locales. C’est l’endroit idéal pour s’essayer à l’art de la négociation, très ancré dans la culture vietnamienne, tout en découvrant l’abondance des produits du delta du Mékong. Les stands de restauration y proposent des plats populaires comme le bun thit nuong, le com tam ou encore les nems, parfaits pour une pause gourmande entre deux visites.

À la nuit tombée, l’ambiance se déplace vers les ruelles animées de Bui Vien et Pham Ngu Lao, au cœur du quartier des routards. Bars, restaurants, stands de street food et petites terrasses envahissent les trottoirs, créant une atmosphère électrique. Si vous aimez goûter à la cuisine de rue, vous pourrez enchaîner brochettes, fruits de mer grillés, banh mi et desserts à base de fruits exotiques. Comme souvent au Vietnam, la gastronomie devient alors un véritable fil rouge du voyage, chaque quartier révélant une nouvelle facette culinaire.

Les tunnels de cu chi et le témoignage de la guerre du vietnam

À environ 60 kilomètres au nord-ouest d’Ho Chi Minh-Ville, les tunnels de Cu Chi offrent un témoignage saisissant de la guerre du Vietnam. Cet impressionnant réseau souterrain, qui s’étendait à l’origine sur plus de 200 kilomètres, servait de base logistique et militaire aux combattants vietnamiens. Les galeries, parfois à peine plus larges qu’une épaule, abritaient postes de commandement, infirmeries, entrepôts et espaces de vie. Visiter Cu Chi permet de mesurer concrètement l’ingéniosité et la détermination d’un peuple face à une puissance militaire supérieure.

Sur place, certaines sections ont été élargies pour permettre aux visiteurs d’y pénétrer, mais l’expérience demeure intense, surtout pour les personnes sujettes à la claustrophobie. Des panneaux explicatifs et des maquettes détaillent les systèmes de ventilation, les pièges et les stratégies utilisées. La visite, souvent couplée avec un guide francophone, aide à mieux comprendre les souffrances de la guerre et à replacer les monuments d’Ho Chi Minh-Ville, comme le palais de la Réunification, dans leur contexte historique.

Le palais de la réunification et le musée des vestiges de guerre

Au cœur du District 1 se dresse le palais de la Réunification, ancien palais de l’Indépendance du régime sud-vietnamien. Ce vaste bâtiment moderniste des années 1960, entouré de jardins, a été le théâtre de la fin officielle de la guerre quand les chars nord-vietnamiens ont défoncé ses grilles le 30 avril 1975. La visite guidée du palais permet de découvrir les salons de réception, les salles de conférence, les appartements privés et surtout le bunker souterrain, doté de cartes, de radios et de l’aménagement d’époque. On y ressent presque encore la tension politique de ces années de conflit.

Non loin de là, le musée des Vestiges de guerre rassemble une collection impressionnante de photographies, de témoignages, d’armes et de véhicules militaires. Les expositions abordent sans détour les conséquences humaines et environnementales des combats, notamment l’utilisation de l’agent orange. La visite peut s’avérer éprouvante émotionnellement, mais elle offre un éclairage essentiel sur l’histoire récente du pays. Pour beaucoup de voyageurs, combiner ces deux sites permet d’alterner entre l’approche institutionnelle de la guerre et son impact sur la population.

Hoi an : cité portuaire classée UNESCO et architecture sino-vietnamienne

À mi-chemin entre Hué et Da Nang, Hoi An est l’une des villes les plus charmantes du Vietnam. Ancien grand port de commerce entre le XVe et le XIXe siècle, elle a vu passer marchands chinois, japonais, indiens et européens, qui ont laissé leur empreinte dans l’architecture locale. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999, la vieille ville a été remarquablement préservée, avec ses maisons à pans de bois, ses toits de tuiles et ses temples colorés. À la nuit tombée, des milliers de lanternes illuminent rues et façades, donnant à Hoi An une atmosphère à la fois romantique et féerique.

La vieille ville piétonne et le pont-pagode japonais chua cau

Le centre historique de Hoi An est largement piétonnisé, ce qui en fait un lieu particulièrement agréable à explorer à pied ou à vélo. Les anciennes demeures de négociants alignées le long des ruelles étroites témoignent de la prospérité passée de la cité. Boutiques d’artisanat, galeries d’art, cafés et restaurants se sont installés dans ces bâtiments restaurés, tout en respectant leur structure traditionnelle. La circulation limitée des véhicules permet de retrouver une temporalité plus lente, à mille lieues de l’agitation de Saïgon ou d’Hanoï.

Emblème de la ville, le pont-pagode japonais (Chua Cau) relie depuis la fin du XVIe siècle deux quartiers historiquement distincts. Couvert d’un toit en bois sculpté, il abrite en son centre un petit sanctuaire dédié au dieu protecteur des navigateurs. Sa silhouette élégante se reflétant dans l’eau est l’une des images les plus photographiées du Vietnam. Traverser ce pont, c’est faire symboliquement le lien entre les communautés chinoise, japonaise et vietnamienne qui ont façonné l’identité cosmopolite de Hoi An.

Les maisons-musées tan ky et phung hung de l’époque nguyen

Pour mieux comprendre le mode de vie des riches marchands de Hoi An, la visite de maisons-musées comme Tan Ky ou Phung Hung s’impose. Ces demeures, appartenant toujours à des familles locales, ouvrent certaines pièces au public et présentent un savant mélange d’influences architecturales chinoises, japonaises et vietnamiennes. Colonnes en bois précieux, cloisons ajourées, autels ancestraux finement décorés et patios intérieurs témoignent d’un art de vivre raffiné. Les propriétaires ou guides expliquent souvent, avec fierté, l’histoire de la maison et les symboles cachés dans les décorations.

Construite au XVIIIe siècle, la maison Tan Ky est l’un des exemples les plus emblématiques, avec sa façade donnant sur la rue commerçante et son arrière ouvrant sur la rivière Thu Bon, facilitant jadis le chargement des marchandises. La maison Phung Hung, plus vaste, se distingue par son balcon couvert et ses cloisons sculptées. En pénétrant dans ces intérieurs, on a presque l’impression d’entrer dans un décor de film historique, tant les meubles et objets d’époque sont bien conservés.

Les ateliers de lanternes traditionnelles et la plage d’an bang

Les lanternes en soie sont devenues l’un des symboles de Hoi An et participent largement à sa renommée internationale. De nombreux ateliers vous proposent d’observer les artisans à l’œuvre, depuis la réalisation de l’armature en bambou jusqu’au montage de la soie colorée. Vous pouvez même, dans certains ateliers, fabriquer votre propre lanterne, une activité ludique et créative idéale en famille. Ces lanternes, suspendues aux façades ou flottant sur la rivière lors du festival mensuel de la pleine lune, donnent à la ville un visage presque irréel.

Pour varier les plaisirs, il est facile de rejoindre la plage d’An Bang, à une quinzaine de minutes en vélo ou en scooter. Cette longue bande de sable encore relativement préservée offre une agréable pause balnéaire après les visites culturelles. Restaurants de fruits de mer, transats et petits bars de plage permettent de profiter du soleil et de la mer de Chine méridionale dans une ambiance décontractée. En combinant vieille ville, campagne environnante et bord de mer, Hoi An propose un concentré de tout ce que le Vietnam a de plus séduisant.

Hue : ancienne capitale impériale et complexe des tombeaux royaux

Située sur les rives de la rivière des Parfums, Hue fut la capitale de la dynastie Nguyen de 1802 à 1945. La ville abrite encore aujourd’hui un ensemble exceptionnel de monuments impériaux : citadelle, palais, temples et tombeaux, en grande partie classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Malgré les destructions subies durant les conflits du XXe siècle, de vastes programmes de restauration ont redonné à Hue une partie de sa splendeur d’antan. Si vous vous demandez où ressentir au mieux le passé royal du Vietnam, c’est ici que vous trouverez la réponse.

La cité impériale fortifiée et le palais de la suprême harmonie

Inspirée de la Cité interdite de Pékin, la Cité Impériale de Hue est entourée de hauts remparts et de larges douves. On y accède par la porte du Midi (Ngo Mon), monumentale, qui ouvre sur une vaste cour menant au palais de la Suprême Harmonie. C’est dans ce palais que se tenaient les cérémonies les plus importantes de l’empire, en présence de l’empereur, de sa cour et des mandarins. Restauré avec soin, il impressionne par ses colonnes laquées rouge et or, ses plafonds décorés de dragons et ses trônes imposants.

En déambulant à travers les différentes cours, pavillons et jardins, on découvre les appartements privés, les temples dédiés aux ancêtres impériaux et les salles de réception. L’ampleur du site nécessite plusieurs heures de visite pour en apprécier toutes les nuances. Une visite guidée permet de mieux comprendre l’étiquette très codifiée de la cour et la symbolique des couleurs, animaux et motifs utilisés. Pour beaucoup de voyageurs, la Cité Impériale est comme un livre d’histoire à ciel ouvert, où chaque pierre raconte une anecdote.

Le tombeau de khai dinh et l’architecture franco-vietnamienne

Parmi les nombreux tombeaux d’empereurs Nguyen disséminés dans la campagne autour de Hue, celui de Khai Dinh se distingue par son architecture singulière. Construit au début du XXe siècle, il mêle éléments traditionnels vietnamiens, influences gothiques européennes et touches d’art déco. Perché sur une colline, le tombeau se rejoint après avoir gravi un escalier monumental flanqué de statues de mandarins, de soldats et d’animaux de pierre. Les façades sombres, presque noires, créent un contraste saisissant avec la profusion de décors colorés à l’intérieur.

La salle du trône, où se trouve la statue de l’empereur sous un dais doré, est entièrement recouverte de mosaïques réalisées à partir de fragments de porcelaine et de verre. Le résultat, foisonnant et très détaillé, illustre la volonté de Khai Dinh d’affirmer son statut en s’inspirant à la fois des traditions et de la modernité occidentale. Visiter ce tombeau, c’est un peu comme observer la transition du Vietnam impérial vers l’ère coloniale, condensée dans un seul monument. Pour compléter la découverte, les tombeaux de Tu Duc et de Minh Mang, plus classiques, offrent une atmosphère plus bucolique, entre pins, lacs et pavillons.

La rivière des parfums et la pagode thien mu aux sept étages

La rivière des Parfums (Song Huong) traverse Hue et participe largement à son charme poétique. Son nom viendrait des effluves des fleurs tombant des forêts alentours et transportées par le courant. Une croisière en bateau-dragon au coucher du soleil permet d’admirer les rives verdoyantes, les villages et les temples, tout en écoutant parfois des chants traditionnels de Hue, classés au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Vous cherchez une pause contemplative après les visites de palais? Cette promenade sur la rivière s’impose.

Sur la rive gauche se dresse la pagode Thien Mu, l’un des symboles de la ville. Sa tour octogonale de sept étages, visible de loin, a été érigée au XVIIe siècle. L’ensemble du site, composé de jardins, de pavillons et d’un petit monastère, offre une vue imprenable sur la rivière et la campagne environnante. La pagode est également célèbre pour avoir abrité le moine Thich Quang Duc avant son immolation à Saïgon en 1963, geste resté dans la mémoire collective. Entre spiritualité, histoire et paysage, Thien Mu incarne parfaitement l’âme de Hue.

Da nang : station balnéaire moderne et montagnes de marbre

Située sur la côte centrale, Da Nang est devenue en quelques décennies l’une des villes les plus dynamiques du Vietnam. Longtemps simple port de transit, elle s’est transformée en station balnéaire moderne, avec une longue plage de sable fin, des hôtels internationaux et des infrastructures touristiques de qualité. Entre mer, montagnes et rivières, Da Nang séduit autant les voyageurs en quête de farniente que ceux qui souhaitent explorer la région. Sa position centrale en fait par ailleurs un excellent point de départ pour visiter Hoi An, Hue ou le parc national de Phong Nha-Ke Bang.

La plage de my khe et le pont du dragon cracheur de feu

La plage de My Khe, souvent citée parmi les plus belles d’Asie, s’étire sur plusieurs kilomètres le long de la ville. Son sable fin, ses vagues régulières et ses eaux relativement propres en font un spot apprécié pour la baignade, le surf ou simplement la détente. De nombreux cafés, restaurants et clubs de plage se sont installés en bord de mer, offrant une ambiance à la fois familiale et festive. Si vous rêvez d’alterner journées culturelles et pauses au soleil, Da Nang est une option idéale.

En ville, le pont du Dragon (Cau Rong) est devenu l’icône contemporaine de Da Nang. Ce pont routier, dont la structure métallique représente un dragon long de 666 mètres, s’illumine chaque soir de couleurs changeantes. Les week-ends, le dragon crache symboliquement du feu et de l’eau, offrant un spectacle très populaire auprès des habitants comme des touristes. Cette mise en scène, à la fois ludique et spectaculaire, illustre bien l’ambition de Da Nang de se positionner comme une destination moderne et attractive sur la carte du Vietnam.

Les grottes bouddhiques des marble mountains et la pagode linh ung

À quelques kilomètres au sud de la ville se trouvent les Marble Mountains (Ngu Hanh Son), cinq collines de marbre et de calcaire nommées d’après les cinq éléments (eau, bois, feu, métal et terre). Percées de grottes, elles abritent depuis des siècles des sanctuaires bouddhiques et des pagodes, faisant de ce site un important lieu de pèlerinage. Escaliers abrupts, points de vue spectaculaires sur la mer et salles naturelles éclairées par des puits de lumière créent une atmosphère mystique. Certaines grottes renferment des statues taillées à même la roche, mêlant habilement art et nature.

La région est également connue pour ses ateliers de sculpture de marbre, même si la plupart de la pierre utilisée aujourd’hui provient d’autres provinces afin de préserver le site. Plus au nord, sur la péninsule de Son Tra, la pagode Linh Ung abrite une immense statue de la déesse de la Miséricorde (Quan Am), haute de 67 mètres. Dominant la baie, elle semble veiller sur les pêcheurs et les habitants de Da Nang. La vue panoramique sur la ville, la plage et les montagnes alentour vaut à elle seule le détour.

Le musée de la sculpture cham et le col des nuages hai van

Pour les passionnés d’histoire et d’art, le musée de la sculpture Cham de Da Nang est une étape incontournable. Il rassemble la plus grande collection au monde d’artefacts de la civilisation Cham, qui domina une partie du centre du Vietnam entre le IVe et le XIIIe siècle. Statues de divinités hindoues, linteaux finement sculptés, bas-reliefs et fragments d’architecture permettent de mieux comprendre cette culture fortement influencée par l’Inde. Une visite au musée constitue un excellent complément à l’exploration du sanctuaire de My Son, situé à une heure de route.

Au nord de Da Nang, la route côtière grimpe jusqu’au col des Nuages (Hai Van Pass), longtemps considéré comme l’un des plus beaux tronçons routiers du Vietnam. Serpentant entre montagne et océan, il offre des points de vue spectaculaires sur la baie de Lang Co et la mer de Chine méridionale. Jusqu’à la construction d’un tunnel, ce col constituait un passage stratégique, souvent enveloppé de brume, d’où son nom. Aujourd’hui, il est très prisé des voyageurs en scooter ou en voiture avec chauffeur, qui viennent y chercher ce sentiment de liberté que procurent les grands paysages.

Dalat : ville d’altitude coloniale et capitale florale des hauts plateaux

Nichée à plus de 1 500 mètres d’altitude sur les Hauts Plateaux du Centre, Dalat offre un visage complètement différent des autres villes du Vietnam. Fondée à la fin du XIXe siècle par les Français comme station climatique, elle se distingue par son climat tempéré, ses pins, ses lacs et ses vallées fleuries. Parfois surnommée la « petite Paris » ou la « ville de l’éternel printemps », Dalat est devenue une destination de villégiature prisée des Vietnamiens comme des étrangers. C’est aussi un important centre de production de légumes, de fleurs et de café, qui alimentent une grande partie du pays.

L’architecture de Dalat porte encore la marque de la période coloniale, avec de nombreuses villas au style alpin ou art déco, des écoles françaises et même une réplique de petite gare inspirée de l’architecture normande. Le centre-ville s’organise autour du lac Xuan Huong, agréable lieu de promenade, surtout en soirée. En s’éloignant un peu, on découvre des cascades, des plantations de café, des serres à fleurs et des villages des ethnies montagnardes, offrant des possibilités d’excursions très variées. Pour les voyageurs qui souhaitent souffler après l’effervescence des grandes villes, Dalat est une halte rafraîchissante, au sens propre comme au figuré.